Mandala

Le vent joue avec la végétation
au jeu de tous les bruissements
quand un pianiste fait courir ses mains
sur le clavier des palmes agitées
les branches du noisetier au bord de la route
opinent du chef envers l’ironie du sort
ou ce sont les lys des champs
qui ondulent en vagues d’écume
et déposent des myriades de bulles
pour que nos yeux aussi consolent
tandis que le rosier sur le mur de pierres sèches
les tempêtes ont fini par l’emporter
dans les foudres enlacées du flamenco
et le cèdre bleu sous le vent se balance
comme un éléphant sa trompe



mais le vent ne serait le vent
s’il n’honorait sa part
du pacte signé avec la braise
que le feu un jour efface
tout ce qui s’est passé
pour que tout soit renouvelé
à partir de la cendre



hastà la
tu écrases un mégot et tu t’en vas
ah quand je repense à ton corps de salamandre
dans des étoffes affolantes
à Salamanque
comme serait méprisable l’insensibilité
en l’osmose inverse
– séparation,
purification,
pouvoir tout recommencer –
je l’avoue tu me manques
Victoria !


au recueil