Gitanjali - 95

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Gitanjali - 95

Trad. B. Ossipov

Je ne me suis pas rendu compte du moment où j'ai pour la première fois franchi le seuil de cette vie.

Quel était ce pouvoir qui m'a ouvert à ce vaste mystère comme un bourgeon à minuit dans la forêt !

Lorsque dans le matin j'ai regardé la lumière j'ai senti un instant que j'étais pas étranger dans ce monde, que l'impénétrable sans nom ni forme m'avait pris dans ses bras sous la forme de ma propre mère.

Ainsi, dans la mort le même inconnu m'apparaîtra tel que toujours connu. Et parceque j'aime cette vie, je sais que j'aimerai aussi la mort.

L'enfant se met à pleurer quand du sein droit sa mère l'enlève, pour juste l'instant d'après trouver auprès du gauche sa consolation.






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